8
avril 2006 : Journée Collective Internationale d’Opposition aux OGM
1
Contexte
Le dossier des Plantes
Génétiquement Modifiées (PGM) est représentatif de la domination
exercée par
quelques intérêts privés sur l’intérêt général. Par souci de
rentabilité immédiate,
une technologie encore insuffisamment maîtrisée est exploitée au niveau
international par des grandes firmes de l’industrie agroalimentaire,
faisant
courir des risques à l’environnement et aux consommateurs.
L’augmentation des
surfaces PGM cultivées dans le monde (20%
en 2004) s‘accompagne actuellement de modifications des législations,
notamment
à travers l’Organisation Mondiale du Commerce et l’Union Européenne.
L’objectif
à moyen-terme des multinationales de l’agroalimentaire est d’amoindrir
les
derniers obstacles qui s’opposent à la commercialisation libre des PGM.
A cette forte poussée
commerciale devrait très vite répondre
une mobilisation internationale des militants anti-OGM :
paysans, défenseurs de l’environnement,
scientifiques indépendants… ceux qui oeuvrent localement pour éviter la
privatisation du bien naturel commun, et pour informer la population
sur les
risques sanitaires et environnementaux liés aux PGM.
De telles mobilisations
ont déjà eu lieu en 2004 et en 2005,
essentiellement dans les régions françaises, mais aussi dans des pays
voisins,
réunissant le même jour les membres de nombreuses organisations. Partant de
cette expérience, il s’agira de porter la manifestation au niveau
international
tout en précisant ses objectifs.
2
Objectifs
·
A. Informer ceux qui subissent (consommateurs,
producteurs) en
rendant disponibles et facilement compréhensibles les raisons
objectives de
s’opposer aux PGM.
Il existe
encore un grand décalage entre l’information dont disposent les
militants et celle
qui est accessible au public, dont l’opposition majoritaire aux OGM
repose plus
sur une méfiance vis-à-vis des élites que sur la connaissance
d’éléments du
dossier.
·
B.
Alerter ceux qui décident (politiciens,
actionnaires) en leur
apportant un éclairage différent de celui produit par les pro-OGM
Les décideurs sont influencés par ceux qui
détiennent le pouvoir de communication. Les actionnaires des
multinationales,
et, dans une moindre mesure, les politiciens, sont au cœur de la
filière OGM.
Ils doivent donc être tout particulièrement informés des conséquences
de leurs
choix.
·
C.
Promouvoir les alternatives (semences libres,
conservatoires
des plantes « d’intérêt ») qui s’opposent au brevetage du
vivant et
garantissent le maintien de la biodiversité.
La contestation doit être
accompagnée de propositions
concrètes pour faire évoluer la situation. Une manifestation
internationale
sera l’occasion de faire connaître les semences non inscrites aux
« catalogues officiels ». Un recueil systématique des plantes
peut
également être initié pour répondre à d’éventuelles tentatives de
brevetage, à
l’exemple des « cahiers communautaires » en Inde.
·
D.
Rassembler
les
organisations concernées (ONG,
associations,
syndicats)
De nombreuses
organisations concernées par les OGM
oeuvrent indépendamment les unes des autres de par le monde. Malgré
certaines
différences en terme d’objectifs, de stratégies et de moyens, elles
peuvent se
rencontrer sur le terrain de l’information des citoyens : la
diversité de
leurs modes d’expression est alors un atout, s’adressant à une
diversité de
personnes. On notera que les précédentes journées ont déjà donné lieu à
la
création de quatre collectifs régionaux d’associations.
Ce dernier objectif
constitue également un moyen d’agir
efficacement, par synergie…
La
mobilisation internationale de militants (D) conduira à
informer la population (A) et à proposer des outils (C)
lors d’une
Journée Internationale d’Information. Les données collectées
pendant cette journée (pétitions, cahiers communautaires) pourront
ensuite être
exploitées lors de manifestations ciblées sur les lieux de décision, à
des
moment-clés (B).
A. Informer (Journée
Internationale, choisie en
fonction de l’actualité internationale).
Le choix
de la journée internationale a été arrêté le 21 octobre, lors d’une
réunion
comportant des représentants français, allemand, gallois, belge et
africains,
et en tenant compte des propositions faites préalablement par une
vingtaine
d’autres contacts internationaux.
Il s’agira du samedi
8 avril 2006, parce que cette
date coïncide avec plusieurs événements internationaux : 1/
pendant le
Congrès Annuel des Industries Biotechnologiques de Chicago, 2/
lorsque
sera annoncée le règlement par l’OMC du différend opposant les USA et
l’UE à
propos de la commercialisation en Europe des OGM, 3/ pendant le
Forum
Social Européen (date à confirmer), Le
message médiatique correspondant pourrait
être le suivant…
Alors
que ce sujet divise leurs gouvernements, les américains et européens
s’associent avec les autres citoyens du monde pour s’opposer à la
commercialisation et la dissémination des OGM.
L’information sera transmise de deux
manières :
-
directement, sur des « sites d’information et d’échanges»,
dont le
format pourra s’inspirer de ceux réalisés les années précédentes.
- par
l’intermédiaire des médias : pour que soient rapportées des
informations-clé, et que le lien soit établi entre les manifestations
locales
et l’événement international (Communiqués de Presse, propositions
d’émissions
sur le thème des OGM peu avant le jour « J », invitations de
journalistes sur les sites).
B. Alerter (Des
manifestations ciblées sur les lieux de décision, à la suite
de la journée d’information, et utilisant les données collectées
pendant cette
journée).
- Le 9 ou le 10 avril
à Chicago, pendant le Congrès
Annuel des Industries Biotechnologiques: Le but de ce
contre-congrès sera
notamment de montrer aux actionnaires le front international qui
exprime des
incertitudes sur la validité de leurs investissements.
- Le 8 avril
(Journée de la Terre ) à
Bruxelles, pendant une session du Parlement Européen : des
représentants de pays européens
apporteront des pétitions aux parlementaires, accompagnés par un
orchestre de
Samba (manifestation festive).
- Le 8 ou le 9 avril
à Athènes, pendant le Forum
Social Européen : le but est d’élargir la vision des enjeux des
OGM,
notamment politiques, économiques et sociaux.
- A
ce jour, une
rencontre avec l’Union Africaine est en réflexion. Des initiatives en
Asie et
en Amérique du Sud sont envisageables.
C. Promouvoir (la portée mondiale de
l’événement
est un atout pour soutenir l’émergence de modèles de développement
agricole)
Si les brevets sur le
vivant conditionnent l’existence de
l’industrie OGM, la mise à disposition de ressources partagées libère
au
contraire l’agriculture et permet son adaptation aux besoins
alimentaires.
- Une
documentation commune sur les OGM et leurs alternatives
favorisera les échanges entre différent publics et pays, ainsi que des
réflexions constructives. Cette documentation contribuera en
particulier à
faire connaître et diffuser certaines expériences locales qui se sont
avérées
fructueuses.
- La démocratisation des
semences paysannes inventoriées par
des réseaux et conservatoires, la connaissance des vertus des plantes
locales
et sauvages notamment médicinales inscrites dans les « cahiers
communautaires » en Inde, sont des moyens d’officialiser le
caractère
public ou collectif de ces biens et d’empêcher qu’ils ne soient
privatisés.
D. Rassembler
Nous appliquerons au
niveau international le schéma élaboré lors des
précédentes journées d’action, et reposant essentiellement sur la
décentralisation (coordination légère) et l’utilisation d’Internet.
1/ Diffusion
ciblée, via Internet, d’un sondage international destiné à
évaluer
l’intérêt d’une telle manifestation. (déjà effectué. Réponses positives
en
provenance d’une vingtaine de pays, données par des responsables
d’organisation
et des personnalités internationales)
2/
Identification de contacts internationaux et régionaux, en réponse à un
Appel à
Participation. Communication avec ces contacts pour les prises de
décision
(ex : choix de la Journée d’Information). Ces contacts
internationaux
promeuvent les manifestations dans leur région (de préférence avec des
collectifs),
et communiquent avec la coordination.
3/ Mise en
place d’un Rendez-vous, associé à un agenda indiquant les principales
échéances
jusqu’au jour J (réunion des organisations locales, identification de
sites
d’information, promotion, livraison/réception des documents et des
outils).
4/ Mise à
jour par la coordination du site web dédié à cette
journée : http://altercampagne.free.fr,
consultable par tous les participants (nœud de communication).
5/ La documentation commune sera constituée en partenariat et transmise aux sites d’informations. La coordination fournira des outils d’aide à la mise en place des manifestations (documents, kits, banderole signature de la journée). Une aide financière est envisageable pour certains pays défavorisés, fondée sur leur budget prévisionnel.