Peut-on guérir du dopage financier
sans risque de rechute ?
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La
récente « prime à la casse » est destinée à doper le marché de
l’automobile : un effet seulement temporaire, comme le rappellent des
initiatives semblables, prises dans années 90. On peut donc s’attendre
à ce que la relance artificielle de la consommation soit suivie d’une
phase de dépression. Quant aux bénéficiaires de cette prime, bien
insuffisante pour acheter un véhicule neuf, ils devront s’endetter sur
plusieurs mois au nom de l’euphorie passagère d’un nouvel achat.
Suivant la définition générale que nous proposons, et qui
englobe notamment les domaines du sport de compétition, de
l’agriculture productiviste et de l’économie de marché, le dopage
désignerait tout procédé qui améliore temporairement des performances, mais qui induit durablement dépendance et déficit.
Les performances d’un consommateur se mesurent à son
pouvoir d’achat immédiat, Aamélioré du crédit éventuellement accordé par
une banque. Son bénéficiaire peut assouvir rapidement un désir d’achat
ponctuel, mais reste lié à son créancier privé pendant plusieurs mois.
Cette mise sous dépendance s’accompagne d’un déficit de pouvoir d’achat, puisque le remboursement inclut des intérêts.
En cas de difficultés de remboursement liées par exemple à une perte
d’emploi, le débiteur peut y perdre son bien au profit de son créancier
(hypothèque).
Bref, c’est risqué. De plus,
comme dans la compétition sportive où il est officiellement interdit,
le dopage peut être dissimulé. Ainsi, un crédit étendu à des personnes
non solvables (subprime, dits emprunts « toxiques »), lorsqu’il est transformé en obligations (titrisations)
proposées à des investisseurs, est mélangé à un lot de titres au
rendement plus sûr ; le produit financier résultant est validé par des Agences de Notations.
C’est ainsi que de nombreux investisseurs s’y sont laissés prendre, la
chute du marché immobilier américains et de ses produits financiers
initiant la crise actuelle.
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C’est l’ensemble de la société qui va subir les conséquences du masquage de crédits abusifs.
Cependant,
ce point de vue offre des perspectives, car si le crédit est
assimilable à du dopage, on doit pouvoir guérir l’économie en lui
appliquant les mêmes soins qu’à un sportif :
1. Eduquer en faisant admettre au patient sa dépendance au crédit-drogue, tout en supprimant les indices de rappel susceptibles de provoquer des rechutes (publicités pour des emprunts, enseignes de banques).
2. Désaccoutumer la société en diminuant progressivement le recours à l’emprunt
individuel. Sans crédit, il faudra de la patience dans l’épargne,
associée à des salaires convenables pour remplir le bas de laine. Cette
condition appelle une révision complète du « partage du gâteau » dans
l’entreprise, et surtout le renoncement à l’économie concurrentielle
mondialisée qui oblige à restreindre le plus possible les salaires
versés aux employés, en leur laissant juste de quoi obtenir des crédits
pour faire tourner l’économie globalisée. Si les entreprises
produisaient localement, on minimiserait la compétition. On pourrait
gagner plus en travaillant moins.
3. Remplacer le crédit individuel par une mise en commun de fonds à l’intérieur
d’une collectivité, sous la forme d’impôts spécifiques finançant la
construction d’infrastructures partagées. Une concentration raisonnable
de capitaux serait alors gérée sans intérêts, par et pour la
collectivité.
Cette tentative
d’essai d’ordonnance est motivée par l’urgence de la pathologie. La
cigarette engendre des fumeurs passifs, l’antenne relais diffuse ses
micro-ondes sans discernement, le crédit dopant met en danger la
société : personne n’est à l’abri du dopage dans un monde compétitif.
Professeur
Tocardeau
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La compétition et le dopage |
Jean Héraut
d'après H. Laborit ("Les Comportements")
et Michel Gandilhon ("La Vraie Toxicomanie", interview de J.M. Brohm)
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Compétition : « recherche simultanée par deux ou plusieurs personnes, d’un même
titre, d’un même poste, d’un même avantage ». Par définition, la
compétition écarte ceux qui sont ‘moins bons’. Que le meilleur gagne !
Sport : « ensemble des exercices physiques se présentant sous formes de jeux,
individuels ou collectifs, pratiqués en respectant certaines règles
précises et sans but utilitaire immédiat. »
Jusqu’au 19e siècle, les exercices physiques relèvent de
l’entraînement militaire pour les hommes d’un certain rang (équitation,
escrime), des pratiques agricoles ou domestiques pour les ‘manants’ des
deux sexes. La soule,
ancêtre du rugby, est pratiquée dans certaines régions. Au 19e siècle,
rugby, aviron, boxe, tennis, hippisme,… se développent en Angleterre et
en France. En 1894, Coubertin (‘Baron de…’ !) réunit à Paris le congrès
pour le rétablissement des Jeux Olympiques (2000 personnes, ce n’est
pas une petite affaire !…).
Deux votes importants :
1/ le rétablissement des Jeux Olympiques, dès 1896.
2/ la condamnation des règlements sportifs excluant ouvriers et
artisans, mesure visant surtout la Grande Bretagne ou le sport était
réservé à l’élite, à l’opposé des idéaux égalitaires français (cocorico
!). Les intentions sont louables : la victoire n’est pas le seul but,
participer dans un esprit « chevaleresque », désintéressé, dans un «
coudoiement des nations, des races, des classes », représentent des «
éléments moraux de hautes valeurs ».
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Les
« belles valeurs » se ternissent sérieusement à Berlin en 1936. Dans
les années 50, les Jeux se déroulent sur fond de propagande Est-Ouest.
Puis, la disparition progressive de l’amateurisme consécutive à
l’appropriation des activités sportives par les sponsors transforme le
sport en marchandise (Cf. « marché » des transferts en football).
Le sport est devenu la vitrine la plus spectaculaire de la
société marchande mondialisée. C’est une valorisation idéologique de
l’effort à travers l’ascèse, l’entraînement, le renoncement, le sportif
étant présenté comme un modèle idéologique.
Le sport est utilisé comme moyen de pression vis à vis de
l’opinion publique, c’est un moyen de gouvernement. La pression des
sponsors, combinée à celle des Etats représentés, est devenue si forte
que pour augmenter le rendement de l’organisme, toute substance, toute
pratique, tous produits susceptibles d’améliorer les performances sont
envisagés. Ce phénomène est pratiquement irréversible, touche tous les
sports dans tous les pays et dépasse le cadre sportif si l’on considère
les incitations contraignantes à la performance dans le monde de
l’Entreprise où les cadres ont de plus en plus recours aux
psychostimulants.
La compétition sportive est sélective, élitiste, sexiste,
prise en référence - pour ne pas dire en otage - par le monde
économique et politique. Revenir aux sources devrait être plus qu’un
rêve.
L’Altertour va dans
cette direction sans être un rêve ; on peut espérer qu’il devienne une
institution « consciente et imaginative » plus médiatisée.
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"Je ne suis pas un concurrent" |
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Philippe Serpolet,
alterCycliste & 'Objecteur de concurrence' |
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A
l’heure où les êtres humains se livrent une concurrence acharnée tout
azimut au détriment de la planète et de ses habitants, le message des
tibétains peut s’avérer salutaire si nous savons l’entendre.
La cause tibétaine cristallise les problématiques
environnementales et sociétales de notre époque. Face à cela la
majorité des tibétains, guidés par le Dalaï Lama, tentent d’adopter une
attitude non-violente et respectueuse de la vie.
Le Tibet depuis l’invasion de 1949
Je
ne reviendrai pas ici sur l’histoire ancienne car il me parait opportun
et constructif de rappeler les raisons pour lesquelles le gouvernement
chinois a décidé de « libérer » le Tibet par l’invasion et la
colonisation dès 1949, juste après la création du Parti Communiste :
- des raisons historiques fallacieuses revendiquant
l’appartenance de tous temps du Tibet à la Chine. Mais pourquoi donc
envahir le Tibet s’il appartenait déjà à la chine ?!
- une exploitation sans limite des ressources (déforestation
massive, contrôle des réserves d’eau de toute l’Asie, plomb, or,
cuivre, fer, charbon, pétrole, la moitié des réserves mondiales d’uranium…). Les Chinois surnomme le Tibet «la grande maison des trésors de l’Ouest».
- une attitude géopolitique expansionniste propice aux conflits.
- au niveau géostratégique, l’implantation de nombreuses bases
aériennes et armes de courtes à longues portées avec notamment des
missiles intercontinentaux. La proximité avec l’immense voisin qu’est
l’Inde pouvant générer une situation explosive dans toute la région
voir au-delà.
- une récupération du capitalisme à la sauce chinoise visant une
exploitation économique du Tibet par la folklorisation de sa culture.
L’arrivée du train à Lhassa (capitale du Tibet) depuis 2006, accélérant
le phénomène par l’afflux massif de touristes, sévèrement
encadrés. En 2009 sera célébré le 50ème anniversaire du
soulèvement populaire du 10 mars 1959 à Lhassa, faisant 85 000 morts,
et qui avait abouti à l’exil du Dalaï Lama et de 150 000 tibétains.
Depuis le début de l’invasion et pendant la colonisation du
Tibet, faisant 1 200 000 morts, les droits humains fondamentaux n’ont
cessés d’être bafoués.
Que s’est-il passé le 18 mars 2008 ?
En avril 2001, un haut responsable chinois affirmait «en confiant à Pékin l’organisation des Jeux Olympiques, vous contribuerez au développement des droits humains».
Le Comité International Olympique (CIO) décida 3 mois plus tard
d’offrir les JO à la plus grande dictature du monde. Dès lors et malgré
quelques améliorations très feutrées, les promesses n’ont pas été
tenues et la situation n’a cessé de s’aggraver.
Le
14 mars 2008, une répression accrue s’abattit sur la population
tibétaine de Lhassa qui manifestait. Après les massacres et les
arrestations, les autorités s’empressèrent d’expulser tout
ressortissant étranger ainsi que tout journaliste du Tibet, les médias
chinois pouvant manipuler à leur guise l’information.
Le 18 mars, une importante manifestation eut lieu devant
le siège du CIO à Lausanne en Suisse : les revendications, en accord
avec la charte olympique, avaient pour but de contraindre le CIO de
faire pression sur la Chine afin qu’elle respecte ses engagements en
matière de droits humains. Le résultat négatif de cette action permit
d’éclairer à nouveaux les connivences entre le CIO et les régimes
autoritaires comme ce fut le cas, entre autres, en 1936 à Berlin avec
l’Allemagne nazie.
Au même moment, de l’autre côté du lac Léman, sur le
plateau des Glières, le président français Nicolas Sarkozy se
recueillait en ce haut lieu et devant un parterre médiatique, afin de «
célébrer » l’esprit de la résistance.
Or si l’on suit cette attitude héroïque jusqu’au bout, on
ne peut faire l’économie d’une parole emblématique de l’esprit de
résistance :
«la résistance se conjugue au présent» disait Lucie Aubrac.
La résistance consiste-t-elle à faire d’élogieux discours
populistes et à apparaître dans tous les médias ?
Si nous avons la prétention de soutenir la paix, la justice
et la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, que fallait-il faire
ce jour là ?
La France présidente du conseil de l’Union Européenne
Le
1er juillet 2008, la France prenait la présidence tournante du conseil
de l’Europe pour 6 mois. Afin de marquer notoirement le coup, l’Elysée
pilota une importante opération médiatique en partenariat, entre autre,
avec la commune de Saint Gervais.
Le double objectif fut de
célébrer le bicentenaire de la première ascension du Mont-Blanc par une
femme (Marie Paradis en 1808) et d’envoyer un message fort sur le thème
du développement durable (ce fut l’axe principal de la campagne
électorale de Nicolas Sarkozy).
L’idée était qu’une députée de chacun des 27 pays de
l’Union Européenne fasse l’ascension de la célèbre montagne. Au final
23 femmes atteignirent le sommet (dont une députée).
Ce que les informations ne dirent pas, c’est qu’un
hélicoptère accompagna les ascensionnistes et leurs guides afin de les
filmer jusqu’au sommet avec notamment la banderole «l’UE vers une ère
écologique».
Quel héroïsme, encore, cette volonté de vouloir sauver la
planète, à l’image du slogan qui figure sur toutes les publicités de
Saint Gervais : « La montagne à l’état pur ».
On peut raisonnablement s’interroger sur la cohérence des
beaux discours avec les moyens utilisés. Mais sans doute était-ce un
hélicoptère à pédales propulsé par un cycliste nourri au lait de vache
des montagnes s’entraînant pour le Tour de France…
Au-delà de la pollution d’un seul véhicule motorisé, la
pollution la plus nuisible est celle qui ne se voit pas, mais dont il
est aisé de faire la communication et la propagande : il s’agit de la
pollution des consciences.
Un sommet de résistance :
Récit d’une ascension du Mont-Blanc en faveur de la paix au Tibet et dans le monde.
Compte
tenu de la situation au Tibet où la répression se passe à huit clos
depuis le printemps 2008, et connaissant ce projet de l’Elysée, un
sympathisant de la cause tibétaine et moi-même décidâmes de profiter de
l’éclairage médiatique de ce 1er juillet pour apporter notre grain de
sable solidaire en plantant le drapeau tibétain au sommet du Mont
Blanc. Etant donné la politique étrangère avec la Chine, notre action
s’est déroulée dans la clandestinité afin de ne pas être inquiété.
Ainsi, notre ascension s’est effectuée par une autre voie, plus
difficile et plus longue, dans le but d’arriver en même temps que les
23 femmes.
Des raisons que je développe au paragraphe
suivant ne nous ont pas permis de parvenir au sommet au moment voulu.
En effet nous foulâmes le « toit de l’Europe » quand l’hélicoptère s’en
allait et que les femmes accompagnées de leurs guides remballaient
leurs affaires afin d’entamer la descente. Notre action était, à
priori, ratée.
Néanmoins nous pûmes faire quelques images nous-mêmes (et
sans hélico) du drapeau tibétain, accompagné du drapeau français
(manquait le drapeau européen que je n’étais pas arrivé à me procurer à
temps).
Aussi nous pûmes constater que 4 alpinistes s’étaient
invités dans la montée avec les femmes afin de soutenir Ingrid
Betancourt. Eux purent bénéficier de la couverture médiatique.
…Et la franco-colombienne fut libérée le lendemain…
Ingrid Betancourt était détenue par les Farc depuis 6 ans, nous ne l’avions pas oublié.
Près de 6 millions de tibétains sont détenus chez eux
depuis bientôt 60 ans, ne les oublions pas non plus…
L’Esprit de cordée
Comme je le décris précédemment, notre action fut médiatiquement un échec. Mais qu’en fut-elle humainement ?
Nous avions décidé de partir à deux et nous étions encordés
afin d’assurer notre sécurité. Durant le dernier tiers de l’ascension
notre progression fut perturbée par le vacarme de l’hélicoptère de
tournage qui tournoyait autour de l’arrête sommitale de cette montagne
immaculée (le Mont-Blanc décidément de moins en moins blanc!). L’unique
avantage de ce désagrément, venant déchirer le silence de l’alpe, fut
de nous indiquer que la caravane européenne, qui empruntait la « voie
normale », se rapprochait du sommet.
Dès lors et compte tenu de mon humble expérience de la
montagne, je savais qu’en continuant à notre allure nous serions en
retard pour la rencontre. Deux possibilités s’offraient à nous :
- soit j’abandonnais sur place mon compagnon de cordée, non sans avoir
pris la précaution de le mettre en sécurité en attendant mon retour.
Et, à la faveur d’une bonne condition physique ainsi que de solides
compétences techniques, j’aurais pu filer sans risques au sommet vers
la lumière médiatique…
- soit nous restions encordés jusqu’en haut, quitte à manquer notre but.
A ce moment, d’essentielles questions se bousculaient en
moi. En effet, de quelle cause nous réclamions-nous et à quelles fins ?
Nous risquions de nous compromettre par manque de cohérence
: la cause tibétaine, qui nous mobilise, symbolise avant tout, à mon
sens, tolérance et solidarité.
Bien que n’ayant aucune prétention à être très avancé sur la voie de la
sagesse, je demeure néanmoins en chemin et essaye de rester fidèle à
cette voie d’éveil, stimulé en cela par la « dynamique tibétaine ».
Qu’aurait valu ma démarche si j’avais opté pour la première
possibilité ? En fait je me serai contenté de soutenir « la loi du plus
fort », attitude symptomatique de notre société individualiste. Ce type
de comportement tellement consensuel est si courant que cette foi
pourrait bien être fondatrice du sportisme, religion des temps modernes.
En revanche, la coopération nécessaire pour qu’une cordée progresse est un bel exemple de solidarité.
Peut-être notre action est-elle passée presqu’inaperçue
mais nous n’avons pas perdu, je crois, ce qui fonde notre humanité et
c’est bien cela l’essentiel.
La flamme du Tibet
L’année 2008 fut marquée par les Jeux Olympiques de Pékin.
Le sport étant le fait social majeur de notre temps (le
phénomène le plus consensuel et rassembleur) et les JO en représentant
l’apothéose, les conséquences d’un tel événement dans la plus grande
dictature du monde ne sont pas anodines.
Ainsi, constatant les multiples effets délétères du sport
moderne, on peut raisonnablement s’interroger sur la « mission
pacificatrice » du mouvement olympique.
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En
effet, l'olympisme et le sport mondial en tant qu'appareil stratégique
capitaliste portent un discours de fraternité, de santé, de respect, de
joie et dans le même temps couvrent et développent des logiques
mortifères, morbides, conflictuelles, compétitives, violentes,
totalitaires, d'individus ou de groupes sociaux et politiques.
Dans ces conditions, 2008 paraît une année charnière pour la Chine, et le Tibet en particulier.
La mobilisation se devait d’être à la hauteur de cet
événement planétaire. Ainsi une multitude d’actions furent organisées
dans le monde entier afin de sensibiliser l’opinion publique à la
problématique tibétaine et au respect des droits humains fondamentaux.
Parmi ces actions, la « Flamme du Tibet » permis de relier,
par le symbole humaniste qu’elle représente, différents évènements à
travers la France avant les JO.
Elle fut initiée à Marseille le 10 mars 2008 et, de relais
en relais, cette torche put ainsi gravir le Mont Ventoux le 8 juin,
effectuer un tour de France avec l’AlterTour du 3 au 27 juillet, participer à une semaine «Ombres sur le Tibet» à
côté de Briançon avant de terminer son périple par la «Kora autour du
Mont-Blanc pendant les Jeux Olympiques» du 7 au 24 août.
L’AlterTour de la biodiversité pour une planète non dopée
Parallèlement
au célébrissime Tour de France et à sa caravane d’inconscience, un
événement itinérant en vélo entreprit de dénoncer l’idéologie
«sportiste» et ses conséquences, en proposant des valeurs humanistes
respectueuses de la vie. Ainsi, l’AlterTour se balada
aux détours de France en visitant des lieux et démarches
«alternatives». Ce périple vélorutionnaire fut ponctué de nombreuses
conférences/débats. Au travers de multiples thématiques (biodiversité,
ogm, nucléaire, agriculture, paysannerie, souveraineté alimentaire,
solidarité internationale, transports, mondialisation, dopage …), cela
permit de mieux conscientiser la nécessité d’une décroissance de
l’économie de marché (compétitive). Sans passéisme ni masochisme cette
simplicité volontaire expérimentée fut une incitation à célébrer
l’abondance de la vie dans la convivialité.
Et la coopération fut naturellement le lien garantissant la démarche pendant les trois semaines.
En outre, l’AlterTour permis de relayer la Flamme du Tibet. L’opportunité était offerte d’y
articuler la cause tibétaine avec les problématiques abordées.
La Kora autour du Mont-Blanc pendant les Jeux Olympiques
Alors
que plus de 4 milliards de téléspectateurs vibraient devant la
théâtralisation des gesticulations d’une poignée d’athlètes (onze
mille), près de 6 millions de tibétains et 1,3 milliards de chinois
voyaient ainsi, grâce aux Jeux Olympiques, la politique répressive du
régime de Pékin légitimée par la communauté internationale.
A l’opposé de cette surenchère aveugle, l’apogée de la
mobilisation humaniste fut sans doute la Kora autour du Mont-Blanc,
cette marche pacifique et pacifiste de soutien à la cause tibétaine,
aux droits humains fondamentaux et au respect de l’environnement qui se
déroula pendant les J.O. Cet événement, fort de sens, ne dut sa
concrétisation qu’à la coopération entre les organisateurs, les
partenaires, les bénévoles et les marcheurs. En effet, à l’opposé de la
concurrence, ce sont des valeurs de solidarité que nous souhaitons
développer en revisitant au passage notre célèbre, mais galvaudée,
devise républicaine «liberté, égalité, fraternité».
La non-violence commence par soi-même
Je me permets ici d’effectuer une modeste introspection personnelle, potentiellement éclairante.
Conscient que cette année était peut-être cruciale dans
l’Histoire, j’avais décidé de me mobiliser davantage qu’à l’accoutumée.
Ainsi, dès le printemps je pus manifester pour le respect des droits
humains, à de nombreuses reprises et participer à différents évènements
militants avant d’enchaîner par l’AlterTour et la Kora.
Mais, me donnant beaucoup physiquement sans trop
récupérer, j’eus progressivement quelques soucis de santé aboutissant à
une sérieuse pneumopathie. Le 15 août, pendant la Kora,
nous avions envisagé une «action spectaculaire»: j’avais l’ambition de
retourner au sommet du Mont-Blanc, cette fois-ci avec la flamme du
Tibet, afin d’en effectuer un « vol solid’air » en parapente bi-place
et de rejoindre les marcheurs en Italie.
Malgré une
météo capricieuse, c’est surtout qu’après deux jours de repos je me
trouvais toujours alité avec 40° de fièvre. Notre action hautement
symbolique était compromise. Pourtant cela aurait été la «cerise sur le
gâteau» que de décoller en «drapeau tibétain volant» avec la flamme du
Tibet depuis le point culminant du «Pays des droits de l’Homme» pendant
la Kora. Je fus sans doute victime de ce que j’appelle le syndrome 3M (Mégalo-Mytho-Martyr)…
Cet épisode douloureux m’invita à revisiter la couverture de la plaquette de l’association Lions des Neiges Mont-Blanc, organisatrice de la Kora, sur laquelle on peut lire : «(…), le
Tibet reste fidèle à sa longue tradition de non-violence. Nous pouvons
nous inspirer de cette attitude "non-violente" pour régler nos conflits
non seulement avec les autres pays mais aussi avec les autres humains,
avec l'environnement et peut-être en priorité avec nous-même...
Cette sagesse est plus que nécessaire dans le monde moderne.» En
convalescence, je pus méditer longuement sur l’incohérence de mes
idéaux avec mon attitude. C’est avec une certaine fragilité que je
rejoignis timidement les marcheurs aux termes de la Kora afin de «finir
ensemble en beauté» et de minimiser mes frustrations. Les
leçons de cet enseignement sont que la coopération se pratique aussi et
sans doute en primauté avec soi-même.
Quel avenir pour les droits humains ?
Nicolas
Sarkozy, Président du conseil de l’Europe en exercice jusqu’au 31
décembre 2008, a rencontré le Dalaï-Lama (Prix Nobel de la paix en
1989) le 6 décembre en Pologne lors des cérémonies du 25ème
anniversaire de l’attribution du Prix Nobel de la Paix à Lech Walesa.
Il est bon de rappeler que le Président français, qui a reçu le "prix
du courage politique" décerné par la revue Politique internationale,
n’avait pas reçu le dignitaire tibétain lors de son passage en France
pendant les J.O… Le Dalaï-Lama étant un «dangereux séparatiste» aux
yeux de Pékin, les autorités chinoises se servirent de cette rencontre
comme alibi pour annuler au dernier moment un important sommet Chine-UE
qui devait se tenir à Lyon le 1er décembre, et ceci en pleine crise de
l’économie financiarisée…
Dans le contexte
ultra-libéral mondialisé dans lequel l’humanité vit, ou survit, à
quelles fins servent de telles stratégies, si ce n’est à blanchir une
politique du pire au profit d’une minorité omnipotente ? « Le libéralisme est la liberté du loup dans un poulailler où les poules sont libres ». Cette petite image illustre parfaitement ce qu’est le libéralisme, le dogme sur lequel repose notre monde moderne.
Quand on en vient à prêter des milliards aux banques alors
que la paupérisation de la population s’accentue, augmentant les
disparités sociales et générant de la colère, force est de constater
que la spéculation est indigne de l’humanité. Le 10 décembre
nous avons célébré le 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle
des Droits de l’Homme qui avait été rédigée au lendemain de la seconde
guerre mondiale.
En présentation de la Déclaration de 1948, on peu lire ceci :
«Simple
résolution adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies, la
Déclaration Universelle des Droits de l’Homme n’a pas de force
juridique obligatoire pour les Etats membres, mais est une référence
universelle dont l’importance est considérable ».
Nos dirigeants l’ont très bien compris et savent se servir
des organes de communication pour contrôler les masses, chloroformiser
les consciences et lobotomiser les individus à leurs fins… aux risques
de foncer vers l’apocalypse.
Néanmoins, il existe encore des poches de résistance face à la «colonisation de nos imaginaires»,
pour reprendre une expression de Serge Latouche. Les femmes
et les hommes qui ont souffert et ont laissé leurs vies en résistant
pour que nous, les générations futures de l’époque, puissions vivre
dans un pays libre, doivent se retourner dans leurs tombes. La liberté
d’expression (relative) dont nous jouissons encore au «Pays des Droits
de l’Homme» devrait servir à faire respecter la dignité humaine dans
les «pays des Hommes sans droits».
Concurrence ou solidarité
La
compétition aveugle que se livrent les individus, les groupements et
les nations n’est que le simulacre de la guerre de tous contre tous et
finira par anéantir toute vie.
Toute critique de la
concurrence, dans la société contemporaine, apparaît comme une
véritable bombe idéologique. L’attitude dissidente majeure au système
dominant peut en être résumée dans la formule :
«je ne suis pas un concurrent».
Je pense que la cause tibétaine incarne une culture de la
solidarité dans laquelle la concurrence n’est point soluble.
Concurrence et démocratie ne sont pas davantage socio-compatibles et
c’est à un enjeu de civilisation auquel nous sommes aujourd’hui
confrontés.
Néanmoins, comme nous pouvons l’expérimenter çà et là, la
coopération est une forme d’évolution pérenne pour l’humanité,
contrairement à la compétition. A travers cette analyse
critique, la cause tibétaine apparaît comme un baromètre de notre «
humanitude », un révélateur de nos déficiences sémantiques et
spirituelles. Face à l’uniformisation de la pensée et au
clonage du génome, nous nous devons d’entrer en résistance non-violente
avec dignité. Une dépollution des consciences faciliterait
l’incarnation, dans la convivialité et la simplicité, d’une
spiritualité de notre temps, respectueuse de la
vie. Considérant que la concurrence est probablement le
vecteur idéologique le plus puissant des maux de notre monde, et à la
veille d’une possible mutation anthropologique en cette période clef de
l’Histoire, le changement nécessaire pourrait s’initier par l’objection
de concurrence.
« L’essentiel est dans la qualité de présence à l’instant »
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Conscience, Connaissance, Imagination
Que va faire le président Obama ?
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Début
novembre comme dans son discours d’investiture le 20janvier, il parle
au pluriel pour rassembler l’humanité. C’est : «la main tendue vers un poing qui s’ouvre» !!! Il appartient à chacun de faire son propre inventaire pour participer à cette utopie.
Le comportement de chaque homme dépend, d’une part, de son
héritage, de son éducation, de son cadre de vie, et d’autre part de sa
constitution physique et surtout de l’ordinateur ultra performant dont
il dispose : le cerveau.
Le Cerveau, trois parties, du très rudimentaire cerveau
reptilien au très raffiné cerveau associatif ou cortex, en passant par
le cerveau limbique, capital, puisqu’il représente le «disque dur» de
cet ordinateur vivant.
Les neurones composant le cerveau forment un réseau «câblé»
représentant des milliards de connexions. La circulation de l’influx
est facilitée ou freinée par des modulateurs chimiques produit par les
neurones et/ou le système endocrinien dont le chef d’orchestre, située
au cœur de l’ordinateur, est elle-même aux ordres de ce dernier !… Oui,
c’est compliqué, mais l’ensemble permet de nager, de chanter, de vibrer
à l’élection d’Obama, d’être inquiet pour les tics de Sarkozy,
d’admirer un couché de soleil, …c’est prodigieux !
D’autant plus que la bouffée d’oxygène Obama, l’anxiété
sarkozienne, mettent en évidence deux faisceaux nerveux, le MFB (Medial Forebrain Bundle) ou faisceau de la récompense, et le PVS (PeriVentricular System) ou faisceau de la punition, qui jouent un rôle primordial dans les processus de gratification déterminant les comportements.
Fonctions spécifiques de ces trois zones :
Cerveau reptilien : réponses réflexes instinctives relevant des besoins vitaux : boire,
manger, se reproduire, auxquels il faut ajouter la fuite défensive, et
la lutte défensive. Ce niveau est sous contrôle des deux autres.
Cerveau limbique,
«disque dur», c’est le résultat de l’enfance, de l’amour des parents,
de l’école, des études supérieures, des qualités de la « niche »
environnementale, de l’alimentation ; en échanges constants avec le
cortex dont il est la « réserve ». Y sont stockés les « logiciels »
mémoires à long terme, apprentissages, automatismes, émotions,
conditionnements, …
Apprentissages : de toutes les motricités, professionnelles, sportives, instrumentales, artistiques…
Automatismes : gestuels supérieurs : piano, chirurgie,… ; intellectuels supérieurs : pratique des langues, éloquence, versification,…
Conditionnements :- socioculturels : politesse, savoir-vivre, bonnes manières, usages,…
- politiques, militaires, idéologiques, doctrinaires,…
- religieux, sectaires,…
- relationnels : coopératifs, compétitifs, altruistes, moqueurs, haineux,…
- professionnels, commerciaux, publicitaires…
- civiques,…
Cerveau associatif ou cortex : le plus renommé, siège de la conscience, du langage, des savoirs, de
l’intelligence. Toutefois, il n ‘est guère opérationnel si les
logiciels du niveau 2 sont défaillants, si l’éducation a été
insuffisante. C’est le niveau de la décision, des choix, du sens
critique, éléments importants de l’existence. C’est aussi, et surtout,
le niveau de l’imaginaire, du rêve, de l’utopie...
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Le 1er décembre 1955, dans la ville de Montgomerry, Rosa
Park refuse d’obéir au chauffeur de bus qui lui demande de laisser sa
place à un homme blanc. Elle fait le choix de passer du militantisme
respectueux des institutions qu’elle pratique depuis 15 ans à la
résistance civique non violente à la loi. Il faut dire qu’un jeune
noir, Emmett Till, venait d’être sauvagement lynché par deux blancs qui
lui reprochaient d’avoir sifflé une femme blanche. Les meurtriers
seront acquittés ! Martin Luther King défendra Rosa Park. La Marche
pour les Droits était un rêve, 53 ans après Obama le transforme en
réalité. Un cortex humain du 21e siècle ne peut qu’approuver la pensée
de ce « responsable de haut niveau ».
Enfance
heureuse, milieu aisé, éducation, études, éloquence, aptitudes
physiques, époux comblé, père attendri, il transcende les vertus !…Son
mérite : l’intelligence du cœur, la fameuse « main tendue au poing qui
s’ouvre »…et, son appel à tous les religieux comme aux athées, sous
condition que les esprits soient éclairés, c’est à dire que les
cerveaux fonctionnent de la meilleure façon, pour effectuer une tâche
colossale : faire triompher coopération et solidarité dans des échanges basés jusqu’ici sur les performances à tous prix de dominants égoïstes, arrogants, primitifs.
Président des Etats-Unis, il peut observer, orienter,
freiner, stimuler, les hiérarchies de systèmes puissants, armée,
justice, police, éducation, recherche, culture, religions,
administrations, industrie, commerce,… Les gens établis sur ces
échelles dans des relations dominants-dominés basées sur la
compétition, la performance, le profit, devraient introduire dans le
logiciel « conditionnements » de leur cerveau limbique des informations
sur la sauvegarde de la biosphère.
Le chantier est titanesque car il englobe tous les autres !
En effet, se soucier de tous les organismes vivants sur terre :
- C’est entrevoir une solution « intelligente » à l’impasse dans
laquelle la démographie humaine se trouve : précarité grandissante,
énergies nouvelles à trouver, pollutions à traiter, tout cela sur une
planète « limitée » : PPP/P (pauvreté, pétrole, pollution- planète).
- C’est produire végétaux et animaux avec moins de produits chimiques,
éviter les surdensités, les surproductions, génératrices de stress et
de maladies. Obama implique tous les pays dans cette démarche.
En France notre président déclare vouloir marcher main dans
la main avec Obama. Le peut-il ? Sans aucun doute, la plasticité
cérébrale est la grande découverte des quinze dernières années.
L’activité débordante de N.Sarkozy, enviée par quelques courtisans, est
en fait un handicap. Elle est peu rassurante, pour ne pas dire
stressante. D’abord pour lui-même, les tics évoqués ci-dessus, les
sourires forcés, témoignent d’une suractivité cérébrale, source
d’angoisse, de souci de tout faire, d’être partout, toujours vigilant,
à l’affût… ? Pour les autres, le stress : dans certains ministères
(justice, éducation, santé…), les médias, l’opinion publique ; la
précarité est érigé en règle, la police est stressée, le terroriste
tapi dans les « quartiers » vient maintenant dans nos campagne !… Les
relations sont parfois haineuses, souvent moqueuses, rarement
bienveillantes. Les conditionnements de politesse, savoirs-vivre, font
défaut. Même le Président dérape (banlieues, marins-pêcheurs, salon
agricole,…). Pour lui, pour tous les français, du repos, surtout pas de
médicament, de la relation amoureuse, une alimentation bio.
A N.Sarkozy et à tous les français, pour voir la vie autrement, taper : www.altertour.net
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Regain - extrait du chapitre III |
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Je
vais te dire : moi, je suis allé dans un pays, je te dirai pas où,
tu saurais de qui je veux parler. Y avait un de ceux qui s’y entendent
sur les choses de la terre, ou, du moins ils le disent, un professeur,
quoi, et payé par le gouvernement. Il avait loué une petite ferme. Elle
était proprette, ordonnée, bien en ligne et régulière de belle verdure
grasse. De la vigne, des mûriers, un petit pré, des cerisiers… tu vois.
Bon. Mon professeur il s’y met. Ah pour ça, il s’y met. Il tombait la
veste, il tombait le gilet, il retroussait les manches et en avant. Au
bout d’un an ça a été un désert. Un désert, je te dis. Il leur avait
pris un dégoût, à tous ces arbres… ça faisait peine. Plus de cerises,
plus de vignes, plus de pré. Tout ça, ça vomissait sa vie. Et un peu de
ci, et une pincée de ça, et cette branche doit aller de là… Il mettait
les raisins dans des petits sacs de papier ; oui c’est comme ça.
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Maintenant, si tu voulais la reprendre sa ferme, on te la
donnerait que tu la voudrais pas : c’est tout mort. Tu le vois cet
homme, le médecin des racines, avec son gros livre à la main ? Ca
s’apprend pas dans les livres, ça. (…) Si on avait fait du blé de notre
race, du blé habitué à la fantaisie de notre terre et de notre saison,
il aurait peut-être résisté [à l’orage].
Tu sais, l’orage couche le blé ; bon, une fois. Faut pas croire
que la plante ça raisonne pas. Ca se dit : bon, on va se
renforcer, et, petit à petit, ça se durcit la tige et ça tient debout à
la fin, malgré les orages. Ca s’est mis au pas. Mais, si tu vas
chercher des choses de l’autre côté de la terre, mais si tu écoutes ces
beaux messieurs avec les livres : « Mettez de ci, mettez de
ça ; ah ! ne faites pas ça. » En galère, voilà ce qui
t’arrive !
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Croissance : drogue ou produit masquant pour l’économie ?
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Thierry Fayret, Le Monde du 17 février 2009
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Dans
les médias, les économistes de tous bords font front commun pour
défendre un retour de la croissance. A la façon d'un toxicomane en
manque, les économistes hurlent à la croissance. Est-ce une dépendance
clinique ou cela cache-t-il bien autre chose ? Nos modèles économiques
revendiquent une justice sociale fondée sur l'idée que la croissance
des uns, aussi démesurée soit-elle, finie par profiter aux autres.
C'est cette théorie qui justifie les salaires ou les capitaux
mirobolants d'une minorité s'affichant comme des locomotives pour tout
le système.
Mais voilà, la mécanique s'est grippée.
Officiellement, certains auraient abusés de jeux financiers trop
complexes et il y aurait eu création de produits toxiques ! Mais la
réalité est sûrement finalement plus simple, mais risque de mettre
quelques années a être acceptée : c'est la promesse d'une croissance à
5% par an qui est une promesse toxique !
Tout
système ne peut croître que de ce qu'il prend ou reçoit. Aujourd'hui,
nous semblons découvrir que les matières premières vont venir à
s'épuiser et que le soleil est la seule ressource durable sur terre,
qui se transforme de diverses façons. Il va donc bien falloir négocier
avec cela. La croissance globale va devoir s'équilibrer à hauteur du
flux d'énergie solaire que l'on reçoit et transforme. Quand à la
"croissance matériel", elle n'a d'avenir que dans le cadre dune
réflexion de type "écosystèmique" à l'échelle des usages humains.
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Pour résumer, il va falloir s'habituer à une croissance
globale proche de zéro, car c'est finalement la seule dont nous
disposions durablement. Cela ne signifie pas qu'individuellement la
croissance sera nécessairement nulle, un effet de noria entre
générations, entre pays peut générer des "croissances relatives", mais
certainement plus raisonnées et mesurées que l'hyperconsommation
actuelle.
Donc, s'il n'y a plus de croissance à
l'avenir, la règle fondant la justice sociale du système d'hier tombe
elle aussi. Une fois la promesse d'une croissance perpétuelle tombée,
une question va se poser, celle de la répartition des richesses, celle
des inégalités frappantes entre pays, mais aussi dans les pays. Le
voile va tomber sur le modèle économique et les peuples risquent de
demander des comptes à tous ceux qui ont fait vivre ces modèles. Voilà
ce qui perturbe la sphère économique ces derniers jours, simplement la
peur d'avoir à rendre des comptes ... pas forcément financiers
d'ailleurs. Non, la croissance n'est pas un produit addictif
pour les économistes, c'est simplement un produit masquant pour les
modèles qu'ils ont défendus depuis des années et qui ont justifié tant
d'inégalités sociales, ici et partout dans le monde. Un produit
masquant comme en utilisent certains sportifs, pour cacher ce qui leur
permet de faire des performances hors du commun.
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Prime à la casse :
une forme de dopage économique
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En
cette matinée du 4 décembre 2008, la poésie était au rendez-vous dès
les premiers bulletins d'information ; de quoi faire rêver encore plus
que d'habitude : une prime de 1000 euros était offerte à tout citoyen capable d'abandonner sa bonne vieille bagnole.
On peut, c'est vrai, avoir des rêves de récompenses par le
fric ; mais peut-on passer une vie à s'étourdir dans un renouvellement
perpétuel des objets qui nous y accompagnent ? Comment peut-on mettre
un prix sur tant de souvenirs accrochés aux pare-chocs de son
automobile... Chaque rayure, chaque enfoncement de tôle, chaque défaut
de fonctionnement auquel on s'est adapté, toutes ces différences
témoignent d'une tranche de vie unique, associée à des souvenirs
souvent plaisants : les vacances-découvertes du territoire français à
l'époque où l'AlterTour n'existait pas encore, les multiples crevaisons et pannes d'essence la
nuit en rase campagne, la naissance du petit dernier sur le siège de la
maman-copilote, ...
Le prix du renoncement à cette
boite à souvenirs roulante : 1000 euros. Mais attention, uniquement si
cet abandon est associé à l'achat d'un autre véhicule NEUF. Adieu les
souvenirs gravés sur une carroserie ancienne, vive la brillance
instantanée de l'apparence. En plus de nier un attachement
possible à nos mémoires sur roues, cette apparence de cadeau montre la
vision à court terme de ses généreux instigateurs, ainsi que leur
tendance à négliger leurs propres souvenirs. Des expériences
comparables avaient en effet été tentées dans les années 90 par les
premiers ministres de l'époque. On se souviendra d'eux parce qu'ils
lancèrent les primes à l'achat de voitures neuves : "balladurette" et
"jupette" coutèrent 1,3 milliards aux contribuables, y compris ceux qui
roulaient uniquement à vélo. Résultat d'alors : après une concentration
temporaire des ventes, cette forme de dopage économique a "eu des conséquences graves pour le marché automobile français" :
"Douze mois après la ruée liée à la fin de la jupette, la chute des ventes a atteint quasiment 40%.".
"Ces
primes ont accéléré certains remplacements de voitures, suscitant une
augmentation des ventes puis, après la fin de chacun des dispositifs,
leur effondrement." [1]

"Le
Canard Enchaîné" du
30 juillet 2003
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Ce
bilan évoque l'effet d'un dopant sur l'organisme humain. On peut
favoriser la production d'une substance stimulante par l'organisme, ou
bien lui injecter une molécule de forme similaire. Dans le premier cas,
le stimulant naturel va finir par s'épuiser, provoquant après coup une
sensation de manque, une dépression de l'activité. Dans le second cas,
il faut savoir que notre organisme réagit à tout excès par un
ré-équilibrage : soit il libère une molécule dont les effets s'opposent
à ceux du produit importé, soit il arrête de fabriquer l'équivalent
naturel du produit en question. Le jour où la molécule dopante n'est
plus injectée dans l'organisme, ce ré-équilibrage entraine un
déséquilibre, un "manque".
La phase d'euphorie temporaire, qui se paye par une période de
dépression, caractérise donc autant le dopage du marché automobile que
celui de l'organisme humain.
Par contre, le dopage sportif est puni par la loi, tandis que le dopage
économique est récompensé (par une prime, dans le cas du marché
automobile). Alors que le premier type de dopage bénéficie d'un recul
suffisant, les conséquences négatives du dopage économique commencent
seulement à être identifiées et rendues publiques.
En attendant que soit admis et compris, et donc sans
nécessité de punition, le caractère nuisible de tous les dopages, ne
jouons pas à casse-casse avec nos souvenirs. Préservons les voitures
anciennes.
[1] " La "sarkozette" va droit dans le décor ", Le Canard Enchaîné, page 3, mercredi 10 décembre 2008.
Professeur
Tocardeau

"Le
Canard Enchaîné" du
9 janvier 2008
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Compétition extrême :
pour l’honneur de nos cerveaux reptiliens
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Le
respect de soi et des autres, le sentiment de notre dignité morale,
devraient placer la préservation de la vie au dessus de toute vexation
personnelle ou patriotique. Pourtant, le cerveau reptilien sur lequel
s’appuie - à notre insu - notre réflexion, pousse plutôt volontiers au
duel ou à la guerre.
L’honneur qui s'applique à
défendre l’impulsivité de nos cerveaux reptiliens est bien mal orienté.
Dans l’est et le nord de la France, l’AlterTour longera
cette année des zones frontalières qui furent le théâtre de conflits
armés dont le bilan meurtrier doit beaucoup à une certaine exploitation
de la science.
Sur ce thème, les réflexions de Jean de Lyon…
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Honneur,
du grec «Honos»: 'hommage rendu aux dieux' après un combat. C’est une
valeur masculine, guerrière. Pour être honorable, il fallait avoir
combattu.
Le mot Duel
ne vient pas de duo, mais de «duellum», forme ancienne de «bellum» :
guerre. Dans l’antiquité, il s’agissait de combat singulier, d’épisode
de guerre. A la renaissance et durant les siècles suivants, cette
pratique, fréquente chez la noblesse, provoqua une hécatombe de
gentilshommes. Elle fut interdite, d’abord mollement, sans effet.
Richelieu la sanctionna par la peine de mort. Les duellistes se firent
plus discrets. Tolérance sous la Révolution et l’Empire. Recrudescence
des duels d’honneurs censés réparer une offense ou un tort au 19e
siècle. Ce fut une sorte d’institution propre à la bourgeoisie et
l’aristocratie. « On lavait son honneur dans le sang ! » Cette lessive
à l'hémoglobine fit deux cent morts de 1826 à 1834 !
Des grands noms du siècle se retrouvèrent sur le terrain à
risquer leur vie pour des prétextes futiles. Le «monsieur qui ne se bat
pas est un poltron». Il fallut attendre la seconde guerre mondiale pour
que la coutume disparaisse. Il faut dire que l’invention de la lessive
nucléaire rendait suranné cet affrontement intimiste.
Jadis, ne rien faire ne pouvait être qualifié d’honorable,
alors qu’aujourd’hui, époque plus «raisonnable», des comportements
allant dans ce sens sont cités comme exemplaires : patience
«courageuse», discrédit de la vendetta,
réflexion avant l’action, valorisation de la méditation, de l’élévation
de la pensée… Au niveau national, les actes et déclarations considérés
comme des atteintes à l’honneur national n’entraînent plus une
situation de belligérance comme par le passé, mais sont réglés sur le
plan diplomatique par diverses mesures, demandes d’excuses, rappel
d’ambassadeurs, ou, à l’inverse, expulsion de diplomates.
L’honneur venait de la victoire sur le champ de bataille.
Le vainqueur avait tous les droits pour humilier l’adversaire, ses
biens les plus précieux sont conquis, et en premier lieu ses femmes.
L’honneur perdu de la femme était d’abord celui, défait, de l’homme.
Dans la société féodale, la femme assure la descendance et la
transmission du patrimoine par la maternité. La filiation doit être
sans tâche. Aussi, sa virginité, sa sexualité, ne lui appartiennent
pas. Ces aspects guerriers et claniques survivront longtemps. Ils
représentèrent les bases de la noblesse. On les retrouve dans certaines
cultures et traditions contemporaines. De nos jours, lorsqu’une femme
est victime de viol ou de harcèlement sexuel, la justice parle moins
d’honneur que d’atteinte à la dignité, à l’intégrité de la personne.
La
Révolution et la Déclaration des Droits de l’homme marquent le début
d’une période où les progrès de la science et de la technique vont
changer totalement les modes de vie. Le développement des chemins de
fer est sans doute l’œuvre collective la plus gigantesque de
l’histoire. En un siècle, maçons, tailleurs de pierre, construisirent
ponts, viaducs, tunnels, des monuments comparables aux cathédrales, en
bien plus grand nombre, avec pratiquement les mêmes moyens matériels !
Ces bâtisseurs, regroupés en chantiers comptant des milliers d’ouvriers
dirigés par des ingénieurs sortant de l’Ecole Polytechnique, avaient la
conviction d’agir pour le bien de l’humanité en créant le moyen de
rapprocher les hommes.
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Leur
déception fut grande lorsqu’ils apprirent que le résultat de leur
travail avait permis aux militaires, par réquisition, l’acheminement
des armées sur les champs de bataille de Crimée.
Conscience et morale sont souvent bafouées par des pouvoirs
avides de richesses, de puissance, d’«honneurs». Ce mercredi 3 mars
2009, l’émission « des racines et des ailes » de France 3 était
consacrée aux séjours somptueux au château de Compiègne, offerts par
Napoléon III à des centaines d’invités de l’aristocratie et de la
grande bourgeoisie de l’époque. Les officiers qui plastronnaient dans
ces soirées pouvaient raconter leurs campagnes, et les hommes
d’affaires organiser leurs réseaux d’influence.
Avant cette période, fastueuse pour les riches, c’est la
révolution de 1948 qui se termine par une reprise en main du pouvoir
par les conservateurs ; après, ce sera l’épisode tragique de la Commune
de Paris, et une période très longue et douloureuse pour cette classe
ouvrière qui croyait être née sous de bons auspices mais dont la
répression sauvage laissera des séquelles définitives. Un curieux
processus de développement se met en marche.
Guerres et industries en tous genres font synergie. Les
progrès de la science et de la technique doivent profiter d’abord aux
armées. Cette idée, qui se combinait bien avec le patriotisme des
jeunes états Européens, s’imposa. Les horreurs de la guerre de 14-18,
où l’industrie lourde et la chimie torturèrent des millions d’hommes,
n’empêchèrent pas la folie du nazisme fondée sur une idéologie
robotisée. Idéologie pour laquelle certains scientifiques mirent leurs
connaissances au service d'Hitler dans le domaine nucléaire. Albert
Einstein, qui connaissait le risque, poussa Roosevelt dans la course à
la bombe atomique.
• Hiroshima est atomisée le 6 août 1945 : 140 000 victimes ;
• Nagasaki l’est également le 9 août 1945 : 70 000 victimes.
L’humanité est entrée dans l’ère atomique.
L’ONU est crée en 1945. Son texte fondateur est la Charte
des Nations Unies, dont le but est de maintenir la paix et la sécurité
dans le monde et de bâtir un avenir meilleur pour tous.
L’accélération du développement déclenchée par les
destructions de la guerre fait apparaître des risques de dérives. La «
croissance », dont on parle tant aujourd’hui, ne peut se faire sans
règles :
Le 10 octobre 1975, l’ONU proclame sa déclaration sur
l’utilisation du progrès de la science et de la technique dans
l’intérêt de la paix et au profit de l’humanité. « Tous
les Etats doivent prendre des mesures pour que toutes les couches de la
population bénéficient des bienfaits de la science et de la technique
et les protéger des conséquences négatives qui pourraient découler du
mauvais usage du progrès scientifique et technique… ». Le principe de précaution vient de naître.
Ce principe, rejeté aujourd’hui par certains scientifiques
comme frein insupportable à la recherche, doit au contraire être activé
si l’on considère le degré actuel de pollution des fleuves, de l’air,
des sols, …sans oublier de bien gérer les nouvelles inventions (OGM,
portables, nanotechnologies,…) ! Transparence, information,
indépendance, sont les règles que toute démocratie devrait fixer à ses
chercheurs et chercheuses.
A propos, quelle a été le taux de participation des femmes dans la période ici évoquée ?…
Jean Hérault
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L’AlterTour sur les chemins de la solidarité
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Campagnes Solidaires, mai 2009
Creuser les chemins de la solidarité plutôt que suivre l’autoroute sans issue de la compétition : la Confédération Paysanne accompagne la deuxième édition de l’AlterTour qui, en juillet au nord
de la Loire, parcourra les chemins reliant un arc-en-ciel d’initiatives
exemplaires.
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Sortant
de la projection d’«On revient sur Terre» (1), le documentaire tourné
en juillet 2008 pendant la première édition de l’AlterTour, la
journaliste Ruth Stégassy (2) se déclarait revigorée par le bonheur
évident de tous les acteurs. Le film met en scène un groupe de
cyclistes nomades qui part pendant un mois à la rencontre de militants
sédentaires : paysans, élus, bénévoles, tous promoteurs de l’écologie.
Les sédentaires y témoignent notamment de leur expérience militante. On
est loin d’images montrant des paysans reclus, parfois déprimés, sans
avenir apparent. Comme l’exprime l’artisan boulanger, cycliste et
éditeur Thierry Baffou : « Ce sont les politiques locaux qui
viennent nous voir. A partir du moment où on montre sur un lieu que
quelque chose fonctionne, on a déjà un certain crédit, le message est
d'autant plus facile à passer. Je peux me permettre après de dénoncer
ce qu'ils font parce qu'ils se rendent compte que je propose quelque
chose qui fonctionne. Je pense que ça, c'est important : ne pas être
que dans l'aspect négatif de la dénonciation, mais dans la proposition. »
L’AlterTour veut faire connaître des initiatives méritant
d’être reproduites. L’existence de tant d’alternatives, notamment
agricoles, fut une source d’étonnement en 2008. Le circuit 2009
procurera sans doute autant d’espoir à ceux qui creusent les chemins de
la solidarité en évitant l’autoroute de la compétition.
L’idée de base était de montrer le parallèle existant entre
le dopage dans le sport de compétition et certains procédés de
l’agriculture productiviste (cf. dossier CS n°230). L’actualité nous
oblige cette année à considérer d’autres formes de dopage tout aussi
préoccupantes : le dopage financier, dont la connotation positive
d’hier ne résiste pas à la crise d’aujourd’hui, mais aussi le dopage
des transports, ou celui des télécommunications par les micro-ondes.
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En définitive, le dopage concerne tout
procédé qui améliore temporairement certaines performances mais créé
sur le long terme une dépendance, voire une dégradation. Cette
dégradation s’étend généralement au delà de l’organisme dopé, ce qui
pose un grave problème de société. Les retombées des différentes formes
que revêt le dopage sont nombreuses sur nos vies, mais aussi et avant
tout sur l’avenir de la planète. Toute manifestation visant à faire
prendre conscience de cette situation est salutaire.
Il s’agit de
mettre en avant des alternatives concrètes et de favoriser la naissance
d’initiatives locales courageuses, en allant soutenir celles et ceux
qui tentent d’éviter que de grands projets institutionnels « occupent
le terrain », au sens propre comme au figuré. L’AlterTour passe ainsi
par des sites envisagés pour accueillir des projets au coût exorbitant,
à la finalité discutable et aux conséquences néfastes pour l’écologie.
Initiés il y a plusieurs années, lorsque certains élus ou économistes
pouvaient encore croire au mythe de la croissance illimitée, ces
projets ne répondent plus à un réel besoin, sauf peut-être celui de
continuer à faire tourner les industries du béton, de l’asphalte, du
pétrole et de l’uranium. La population locale s’y oppose, leur
préférant la préservation de l’environnement et le maintien d’une
agriculture durable. L’AlterTour passera donc par des lieux de
résistance aux grands centres commerciaux, aux complexes autoroutiers,
à des centrale nucléaire, port méthanier et aéroport. L’arrivée aura
lieu ainsi le 8 août au camp-climat concerné par le projet de second
aéroport de Nantes, prévu sur des terres agricoles à
Notre-Dame-des-Landes. Un site et un combat emblématiques contre un
projet d’un autre temps (cf. CS n°223), une scène finale adaptée au
nouveau scénario écrit par des cyclistes et leurs hôtes.
(1) La bande annonce du film et toutes les infos sur l’AlterTour 2009 sont sur : www.altertour.net
(2) Journaliste
à France Culture, Ruth Stegassy anime tous les samedis matin « Terre à
terre », émission de référence sur l’écologie.
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Au lieu de regarder le Tour de France : participer à l'AlterTour
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Revue Passerelle Eco n°33 , Printemps de l'an 09
Cet
été, cela vous dirait-il de faire quelques jours de balade en vélo,
solo ou en famille, et de rencontrer producteurs bio et autres
alternatives sur le parcours ?
C’est ce que vous propose
l’Altertour, un demi-tour de France cycliste solidaire, qui se fait en
relais avec l’assistance d’un bus, et dont les étapes sont ponctuées de
soirées festives avec films et débats sur le thème “pour un modèle
agricole et économique respectueux des hommes et de la nature.”...
Chouette programme !
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Une aventure humaine
Le premier Altertour a eu lieu en 2008. Dom apprécie la
qualité des liens humains tissés pendant cette épreuve solidaire qui
associait des personnes de 8 à 88 ans, ayant des situations
professionnelles différentes : “Les liens tissés pendant l’AlterTour
entre cyclistes et accueillants sont ceux de personnes ayant partagé
une épreuve humaine unique, sans discrimination d’age ni de profession,
et où l’initiative de chacun est encouragée.”
Pour
beaucoup, ces relations se sont prolongées depuis l'été avec
l’élaboration de l’AlterTour 2009. A chaque étape, un comité d’accueil
et d’organisation se met en place. Les anciens aident les nouveaux
organisateurs et passent le relais... Pour certains, venus du cyclisme,
c’est une découverte complète de toutes ces alternatives écologiques,
et de ces manières de fonctionner ... différentes…
Dom : “Pour cet autre tour, on essaie que la réalisation soit
exemplaire, qu'elle soit en elle-même une démonstration du message
porté”.
Quel est ce message ?
>> La voie de la compétitivité est une autoroute sans issue.
Fifi : « La
compétition aveugle que se livrent les individus, les groupements et
les nations n’est que le simulacre de la guerre de tous contre tous et
finira par anéantir toute vie. L’attitude dissidente majeure au système
dominant peut être résumée dans la formule : Je ne suis pas un
concurrent. »
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>> Il existe des alternatives réalistes à la tentative actuelle de
sauvetage du « chacun pour soi » économique, coûteux pour la
collectivité et pour son service public, et qui nous est pourtant
présenté comme la solution unique à la crise que traverse la société
depuis quelques mois.
>> A l'opposé, trop de grands projets institutionnels menacent
l’environnement, et alors que leur coût est exorbitant, d'une part leur
finalité est très discutable et d'autre part ils auraient de très
néfastes conséquences écologiques. L’AlterTour a donc également pour
objectif de soutenir les initiatives locales courageuses de celles et
ceux qui luttent contre ces projets.
Ces projets que
la crise économique finit de disqualifier ; la population locale s’y
oppose, leur préférant la préservation de l’environnement, et le
maintien d’une agriculture durable. Il s'agit de grand centres
commerciaux, de complexes autoroutiers, de port méthanier (St-Jouaint,
soirée du 29 juillet), de centrale nucléaire (Penly, étape du 27
juillet) ou du doublement d'un aéroport (Notre-Dame-des-Landes, arrivée
au Camp Action Climat le 8 août 09).
L’arrivée du prochain AlterTour aura effectivement lieu à
Notre-Dame-des-Landes, pendant le camp-action-climat international
prévu pour informer le public sur le projet de second aéroport de
Nantes. Le coût en est estimé à 3 milliards d’euros, alors que
l’aéroport existant serait actuellement sous-exploité ; ses
conséquences écologiques sont celles d’un aéroport (faut-il en dire
plus ?). Sans oublier qu'il accroîtrait encore la délocalisation, et
donc le chômage dans l'hexagone.
(...)
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Dopage Haute Fréquence en milieu rural
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En
cette année 2009, plus de 100 000 antennes-relais font vivre 53
millions de téléphones portables. Bien que leur densité soit plus
faible en milieu rural, la puissance de ces antennes y est plus élevée
qu’en ville, de manière à couvrir un large territoire. En nous
affranchissant de l’éternelle contrainte du temps et de l’espace, cette
nouvelle technologie ne produit-elle pas des risques sanitaires ?
Peut-on ainsi parler de « dopage des télécommunications par les ondes à
haute fréquence » ? Deux des promoteurs de l’« AlterTour pour une
planète sans dopages » tentent de répondre à cette question d’actualité.
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Les
inoffensifs châteaux d’eau et les pylônes de lignes électriques à
haute-tension ne sont plus les seuls ouvrages utilitaires à se dresser
dans le paysage de nos campagnes. En milieu rural, on les rencontre par
hasard au milieu d’une forêt ou au bord d’une autoroute ; mais elles
envahissent surtout les toits des villes, parfois dissimulées à
l’intérieur d’une fausse cheminée. Elles se font en effet plus
discrètes que les éoliennes. Ce sont les antennes de téléphonie mobile.
Mais pourquoi chercherait-t-on à les masquer ?
Il
s’agit peut-être d’un indice nous orientant vers la notion de dopage,
qui va de pair avec celle de masquage. En sport, la prise de certaines
substances dopantes peut être masquée par un autre produit. Ainsi, la
prise d’un médicament obtenu facilement par ordonnance tel que la
Ventoline permet-elle de cacher un stimulant interdit : l’amphétamine.
En agriculture, le maïs dopé par des gènes étrangers peut être masqué
par une réglementation laxiste, n’indiquant pas précisément les zones
de cultures transgéniques.
Le dossier de la téléphonie mobile présente d’ailleurs de
fortes analogies avec celui des OGM : Si pollution il y a, elle est
dans les deux cas silencieuse, inodore et invisible. Les grandes
compagnies d’assurance n’en couvrent pas les risques. Ce sont des
produits de haute technologie, défendus par des experts à la fois juge
et partie, qui prétendent que la pratique en question n’est pas
différente de celles qui ont fait leur preuve depuis longtemps. De même
que la manipulation génétique est pratiquée par la nature depuis des
millénaires (sic), la téléphonie mobile produit des ondes radios comme
il en existe depuis un demi-siècle (re-sic).
On oublie de préciser une différence physique majeure : la
haute fréquence des ondes émises (micro-ondes), qui pourrait interférer
avec des phénomènes physiologiques, sachant que nos cellules sont de
véritables usines de communication. La preuve évidente d’une résonance
« physiologique » de ces micro-ondes est le réchauffement qu’elles
peuvent procurer aux aliments.
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Lors
d'une récente conférence donnée en cette période du «Grenelle de la
téléphonie mobile», le Professeur Dominique Belpomme, parrain de
l’AlterTour 2009 (et aussi Cancérologue :-) déclarait : « Il est clair que l’utilisation prolongée du portable est cancérigène ». Les cellules cancérigènes se comportent en effet de manière autonome
; comme si leur système de communication avec les cellules saines avait
été perturbé.
Dans le cas des antennes de nos
campagnes, le champ de micro-ondes reçu dans son champ par le fermier
ou son troupeau, est très faible (0,6 V/m). C’est l’argument avancé par
les défenseurs de la téléphonie mobile : les doses négligeables
d’exposition. Cependant, si toxicité il y a, elle n’est pas aigue, mais
chronique : c’est la durée d’exposition qui est en cause.
Le dopage de nos communications sera l’un des sujets
abordés lors d’une des conférences-débat de l’AlterTour 2009, en
particulier dans le cadre d’une campagne menée actuellement par « Agir
Pour l’Environnement », l’un des partenaires du tour.
Alex & Dom, altercyclistes
Des
articles récents viennent confirmer nos soupçons de dopage des
télécommunications par les micro-ondes : ceux qui suivent concernent
par exemple l’influence des micro-ondes sur la reproduction animale.
- Magras I.N., Xenos T.D. radiation-induced changes in the prenatal development of mice,
Bioelectromagnetics (1997) : des souris femelles exposées en continu à
une intensité voisine de 0,6 V/m sont devenues totalement stériles à la
cinquième génération.
- Gul A., Celebi H., Ugras S. The effects of microwave emitted by cellular phones on ovarian follicles in rats. Arc Gynecol Obstet. (25 février 2009) : la diminution du nombre
d’ovocytes est notable après la première gestation chez des rates
exposées à un téléphone portable en veille.
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Mille vélos valent ce qu’un 4x4 coûte
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Revue S!lence, Juin 2009
L’AlterTour
enchaîne ses relais solidaires au moyen d’«alterCyclettes». Une
alterCyclette, ça ressemble beaucoup à un vélo du Tour-de-France, mais
utilisée à contre-emploi. Les mêmes indispensables roulements à billes,
venus améliorer l’invention de la roue, peuvent en effet servir des
objectifs opposés. Celui de l’AlterTour est pédagogique.
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Considérée
principalement comme un instrument de sport et de loisir, la bicyclette
pourrait, du fait de la crise économique, gagner un nouveau statut dans
une société relocalisée : celui de moyen idéal de déplacement
individuel, complété par le transport en commun. Malgré la première
crise pétrolière des années 70, l’industrie des 2B (Béton-Bitume) n’a
cessé de construire de nouvelles voies obligées de transport, toujours
plus rapides et plus envahissantes, en même temps que consommatrices
d’énergie. « L’industrie du transport dicte la configuration de l’espace social. La chaussée (…) sépare les anciens voisins »*. Ainsi, le large ruban d’asphalte de l’autoroute créé-t-il une
frontière en traversant un territoire. A l’inverse, le chemin de halage
suit le cours d’eau et s’intègre discrètement au paysage. Le cycliste
peut l’emprunter en silence, à une allure modérée, sans nuire à son
environnement.
La bicyclette est en effet aussi
discrète qu’efficace. Elle constitue surtout une extension de notre
système d’équilibre et de nos capacités motrices, comme tout bon outil
qui sait rester à sa place d’auxiliaire de notre activité. Ses seuls
défauts sont visibles du point de vue des industries du transport et de
l’énergie : autonomie et gratuité. En plus de sa remarquable discrétion
et de la liberté qu’elle procure, son efficacité est supérieure à tout
autre moyen de locomotion, y compris la marche : « A bicyclette, l’homme va de trois à quatre fois plus vite qu’à pied, tout en dépensant cinq fois moins d’énergie.»*
Elle est aussi le plus rapide, à condition de tenir compte du temps
total passé à préparer les déplacements, incluant le temps de travail.
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En 1973, « L’Américain
moyen consacre plus de mille six cent heures par an à sa voiture. Il y
est assis, qu’elle soit en marche ou à l’arrêt ; il la gare ou cherche
à le faire ; il travaille pour payer le premier versement comptant ou
les traites mensuelles, l’essence, les péages, l’assurance, les impôts
et les contraventions. L’Américain moyen dépense mille six cents heures
chaque année pour parcourir dix mille kilomètres ; cela représente à
peine 6 km/h »*.
Cette vitesse est à comparer
aux 15 km/h de moyenne de l’AlterTour. Par rapport au 4x4 d’un Rallye
motorisé, l’alterCyclette serait donc bien plus «rapide». En temps
total passé à la préparation des déplacements, au moins mille vélos
valent ce qu’un 4x4 coûte. Les alterCyclettes admettent elles-mêmes un
auxiliaire : l’alterBus qui transporte les cyclistes lorsqu’ils ne
prennent pas leur relais. Une telle association entre vélos et
transport en commun pourrait d’ailleurs servir d’exemple à une société
future, plus sobre en consommation d’énergie.
Le prochain circuit de l’AlterTour se déroulera sous le
signe de la Décroissance et de la Simplicité volontaire, à l’image
d’une pratique utilitaire et non compétitive du vélo, dont la devise
pourrait être : « Sobriété, Efficacité, Discrétion », à l’inverse de
celle du Dopage, de l’Hyperactivité, et du Bling-bling.
Professeur
Tocardeau
« Entre des hommes libres, des rapports sociaux productifs vont à l’allure d’une bicyclette, et pas plus vite. »*
* Citation issue de l’article « Energie et Equité » d’Ivan Illich, paru en 1973.
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Ils rêvent d'un monde sans compétition
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Ouest-France, 17 avril 2009
Des
chercheurs, des instituteurs, des sportifs, des citoyens militent pour
une société qui ne dresserait pas les hommes les uns contre les autres.
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Des
chercheurs, des instituteurs, des sportifs, des citoyens militent pour
une société qui ne dresserait pas les hommes les uns contre les autres.
L'Utopie « réalisable » d'Albert Jacquard. Le célèbre généticien veut en finir avec « l'esprit de compétition » qui gangrène, selon lui, nos sociétés occidentales. « À
partir du moment où l'on regarde l'autre comme un adversaire potentiel,
l'aboutissement est prévisible, c'est la guerre perdue. Une société qui
fabrique des gagnants, fait aussi une multitude de perdants. »
Le biologiste devrait savoir qu'« au cours de l'évolution, c'est la compétition qui aurait amélioré les espèces » ? Il réfute en bloc cette « vision simpliste » de la théorie de Darwin: « La
compétition n'est pas une loi de la nature. La nature n'a pas
d'intention. Le mécanisme du hasard est beaucoup plus important que la
sélection naturelle. » (Extraits d'Halte aux jeux et de Mon
utopie, chez Stock). L'écologiste Jean-Marie Pelt ne dit pas autre
chose dans La raison du plus faible (Fayard).
Moins vite, moins haut, moins fort.
C'est la devise du Comité anti-olympique (CAO). Cette association a été
créée, au début de l'année, par des citoyens de Grenoble qui militaient
contre la candidature de leur ville aux Jeux Olympiques d'hiver de 2018.
Leur argumentaire est assez percutant: « Les JO entraînent des aménagements démesurés qui coûtent de l'argent et défigurent les massifs alpins » ; « L'idéal
olympique, c'est celui de l'argent, de la réussite à tout prix, y
compris celui de la triche, et, de Berlin à Pékin, il a prouvé qu'il
s'accordait à toutes les dictatures. »
Le
CAO a organisé plusieurs manifestations dans les rues de Grenoble. Le
18 mars, le Comité national olympique et sportif français a finalement
choisi: Annecy, la voisine, sera la candidate française aux JO d'hiver
de 2018. Les Grenoblois ne désarment pas: « Non aux JO, ni ici ni
ailleurs. »
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Pas de championnat.
Le sport loisirs a le vent en poupe. En Ille-et-Vilaine, Éric Levenez a
inventé une nouvelle organisation pour tous les handballeurs qui
voulaient jouer ensemble, librement, sans pointer tous les samedis
soirs. « Elle s'appelle 'challenge loisirs' et non 'championnat', qui veut dire compétition.
» Pour la saison 2007-2008, six équipes y avaient adhéré.
Elles sont le double cette année. Le seul enjeu, c'est de se faire
plaisir. En deux ans, Éric Levenez n'a pas enregistré un seul carton
rouge ni aucune minute d'exclusion, mais sur certains matches (ou la
mixité est obligatoire et les points des filles comptent double), il
sent parfois « poindre un petit retour à l'esprit de compétition. Chez certains, on dirait que c'est génétique ! » Pour l'abolition de la note scolaire.
Plusieurs pédagogues francophones sont en guerre contre les notes qui
induisent souvent une compétition entre les élèves. C'est le cas de
Philippe Meirieu, professeur en sciences de l'éducation, à Lyon, et
ancien directeur de l'Institut national de recherche
pédagogique. Avec ses collègues, le Belge Charles Pepinster
(du Groupe belge d'éducation nouvelle) et le Suisse Olivier Maulini, le
Français milite contre la notation sur le site www.panote.org et s'y
explique: « Il est impossible d'imaginer qu'une note puisse
refléter objectivement la 'valeur' d'un travail. La note, c'est le
triomphe du marché scolaire, la réduction des savoirs à des
marchandises, de la relation pédagogique à une transaction boursière.
Nos enfants valent mieux que cela. » François Begaudeau, l'auteur d'Entre les murs, l'affirmait, à la sortie du film : « L'idéal, c'est une classe sans note. »
Recueilli par Christelle GUIBERT
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Lamarck et Darwin auraient-ils parrainé l’AlterTour ?
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d'après Revue S!lence, Juillet 2009
Cette
année, l’AlterTour est soutenu par des personnes connues pour
l’indépendance et le courage de leur réflexion. Elles partagent cette
qualité avec celles qui initièrent, il y a deux siècles, la Théorie de
l’évolution, incluant Lamarck* et Darwin**. On peut aujourd’hui se
demander ce que ces esprits libres auraient pensé d’une espèce
particulière de manifestation, qui a déjà évolué en deux années
d’existence, et dont le programme est issu d’une « sélection
naturelle ».
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En
1809, lorsque naît Darwin et que Lamarck publie « La philosophie
zoologique », on sait bien que l’homme est l’oeuvre d’un
Dieu. On pense surtout que la place de l’être humain est centrale
parmi des espèces immuables, toutes fixées au moment de leur création.
Cinquante ans plus tard, cette vision valorisante est troublée à
nouveau par la publication d’un ouvrage intitulé « De l’origine
des espèces par le moyen de la sélection naturelle » (Darwin,
1859), dans lequel l’humain est présenté comme le fruit d’une lente
évolution, perdu dans un arbre gigantesque dont les branches
correspondent à autant d’espèces.
A l’image de l’arbre de
l’évolution, la société moderne se développe suivant plusieurs secteurs
d’activité. Certaines de ses branches ont récemment connu un fort
développement : en particulier la branche mère de l’économie
libérale, celles de l’agriculture productiviste, de la distribution
centralisée d’énergie fossile, des transports à très grande vitesse et
de la téléphonie mobile. On en oublierait que d’autres branches sont
possibles. Préserver la diversité des fruits que la société humaine
peut produire est en effet un gage de survie dans un monde aux
ressources changeantes. Ainsi, un déficit en énergies fossiles est-il
globalement bénéfique pour la planète ; une grande crise
pétrolière déstabiliserait seulement momentanément la société, à
condition que des alternatives propres aient été préservées et
développées en parallèle. De même, la crise économique actuelle
s’avérera-t-elle catastrophique si la seule réponse adoptée consiste à
doper une branche déjà moribonde. |
Lamarck
et Darwin auraient sans doute approuvé qu’un AlterTour dénonce cette
consolidation artificielle d’une branche qui menace le futur de la
planète. Ils auraient particulièrement apprécié le soutien apporté au
bourgeonnement d’idées nouvelles, à la croissance de branches
alternatives.
Par ailleurs, ils auraient été intrigués par
cette improbable fraternité qui s’exprime tout le long du parcours
entre deux populations d’une même espèce, aux modes de vie pourtant
très éloignés : des nomades accueillis chaleureusement par des
sédentaires !
Enfin, Lamarck surtout, n’aurait pas désavoué l’évolution du projet
« AlterTour » en fonction des contraintes de l’environnement,
ne négligeant aucune des propositions de ses acteurs. On a pu observer
que l’autoritarisme des « habitués à diriger » et leurs
solutions conventionnelles ne résistent pas forcément à l’épreuve de la
réalité. A l’inverse, des propositions originales, non bridées par un
savoir établi, se sont révélées avec le temps bien adaptées aux
objectifs du projet ainsi qu’à ses ressources limitées (cf encadré).
Peu de temps, peu d’argent, peu d’acteurs : des contraintes
qu’ignore le Tour de France officiel. S’il est difficile de savoir si
Lamarck et Darwin auraient accepté de parrainer l’AlterTour, on peut
penser qu’ils n’auraient sûrement pas adhéré au Tour de France.
Prof. Tocardeau
* Jean-Baptiste
Lamarck (1744-1829) : naturaliste, botaniste, introducteur du
terme « biologie ». D’après lui, l’environnement agit sur la
transformation des organismes ; les caractères ainsi acquis sont
transmis aux générations suivantes. Cette hypothèse est compatible avec
la théorie récente de la génétique des populations, pour laquelle la grande quantité de gènes apparemment inutiles permettrait l’adaptation à de nouveaux environnements.
**
Charles Darwin (1809-1882) : naturaliste. Il a proposé un
mécanisme pour expliquer la transformation et la diversification
adaptative des espèces dans leur milieu. La sélection naturelle
opèrerait un tri dans la grande variété spontanée des individus d’une
espèce, à la manière dont les sélectionneurs de plantes préservent, sur
plusieurs générations, les variétés les plus avantageuses. |
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